Le karst, c'est quoi ?

Le karst est un milieu constitué de formes de surface (doline, lapiaz, perte...) et souterraines (grottes, gouffres....) résultant de la dissolution des roches carbonatées (calcaires, craie) et associé à un régime hydrologique spécifique.

et la karstification ?

La karstification est un processus de création et de structuration de vides, dans l’espace et dans le temps, résultat d’un lent travail dont l’origine principale est associée à l’érosion progressive des calcaires grâce à l’eau et au CO2.

Principaux types de formes karstiques (modèle jurassien)
 
 

Le terme « Karst » a pour origine le mot slovène « Kras » désignant une région de Slovénie constiuée de haut plateau calcaire où les spectaculaires phénomènes liés à la dissolution des calcaires ont été décrits pour la première fois. Le terme s’est ensuite étendu à toute région du monde présentant des caractérisitiques similaires.

 

Quelques formes caractéristiques

Perte  SOURCE KARSTIQUE
Sortie d’eau en surface ayant transité dans le karst

GROTTE
Cavité souterraine à composante horizontale

PERTE
Ouverture par laquelle une
partie ou la totalité des
écoulements d’un cours d’eau devient souterrain

   RIVIERE SOUTERRAINE
Circulation en écoulement libre dans un conduit partiellement rempli d’eau

LAPIAZ
Forme de surface qui
résulte de l’érosion
affectant le calcaire

STALAGMITE
Concrétion essentiellement
composée de calcite qui se
construit sur le plancher des
grottes

 

La région Bourgogne Franche-Comté, une identité karstique forte 

En Bourgogne Franche-Comté, près de 50% des terrains qui affleurent sont calcaires et chaque département de la région est plus ou moins impacté par le karst et ses formes caractéristiques. Selon les contextes géologiques et tectoniques notamment, ce karst régional prend des formes bien différentes. Dans la partie orientale de la région (massif du Jura et plateaux haut-saonois) le karst est omniprésent et s’exprime à la fois par des sources karstiques aux débits importants, des fortes densité de phénomènes et formes karstiques et de très nombreux réseaux souterrains. En Bourgogne, le karst se fait (un peu) plus discret mais se manifeste aussi bien au niveau des côtes viticoles (dijonnaise,chalonnaise et mâconnaise) qu’au niveau de secteurs plus tabulaires comme les plateaux du seuil de Bourgogne, du Chatillonais ou du Nivernais.

Les affleurements carbonatés en Bourgogne Franche-Comté (plus ou moins karstifiés) et quelques sites emblématiques
1 : Grottes de Cravanche (90)
2 : Source de la Loue (25)
3 : Le Frais-Puits et le système de Champdamoy (70)
4 : Reculée de Baume-les-Messieurs (39)
5 : Source de la Bèze (21)
6 : Grottes d’Azé (71)
7 : La Fosse Dionne (89)
8 : Gouffre de Ouagne (58)

 

Un milieu vulnérable et fortement sollicité 

De manière générale, les phénomènes de filtration et d’autoépuration de l’eau sont dépendants des milieux qu’elle parcoure. En contexte karstique, des sols peu épais voire inexistants conjugués à des vides souterrains de grandes ampleurs font des systèmes karstiques des milieux extrémement vulnérables aux impacts anthropiques. Les sources de pollution susceptibles de porter atteinte aux eaux d’origine karstique sont nombreuses : rejets chimiques, organiques ou encore bactériologiques en lien avec diverses activités présentes sur le territoire (ménagères, industrielles ou artisanales, agricoles ou forestières, …). Cependant, du fait des écoulements rapides et du temps de séjour souvent limité, les eaux du karst se renouvellent rapidement ; ils ne gardent donc pas, ou peu, la mémoire d’événements qui se sont produits lors des cycles hydrologiques précédents, comme une sécheresse, une surexploitation temporaire ou une pollution accidentelle..

Si l’eau des massifs karstiques est vulnérable aux contaminations elle n’en demeure pas une ressource essentielle pour l’alimentation en eau potable (AEP). A l’échelle régionale, ce sont plusieurs centaines de captages, sur près de 2500, qui sont issus des eaux du karst et qui pour certains alimentent certaines des plus grandes agglomérations régionales comme Besançon, Dijon ou Vesoul par exemple.

Les enjeux et problématiques associés à ces milieux ne se limitent évidemment pas à la seule explotation et préservation des eaux souterraines, ils sont multiples et touchent des dimensions qualitatives et quantitatives, comme :
• l’adaptation aux effets du changement climatique et les impacts sur la disponibilité en eau ;
• le niveau trophique des eaux et la capacité d’autoépuration des cours d’eau ;
• l’aptitude des territoires à conserver la biodiversité remarquable de leurs milieux aquatiques.

Informations de la publication

Publié le 10/08/2021

Dernière mise à jour le 27/09/2021